18 avril 2018

Boule de cristal, mode d'emploi




Voyons de plus près ce que recèle ce territoire énigmatique qui s'ouvre devant nous et que nous avons pour mission de traverser sans trop d'encombres.
 
D'abord se dessinent des évènements et des émotions qui ressemblent à des choses que nous connaissons déjà, des moments que nous avons traversés, des épisodes plus ou moins positifs et qui laissent une certaine empreinte dans notre mémoire. D'autre part, il y a tous nos rêves, nos chagrins intimes et nos mystères. Tant de choses délicates et en même temps, si lourdes de sens...
 
Si la boule de cristal peut refléter le futur ce n'est qu'en revenant encore et toujours sur le passé, celui-ci n'étant que de l'avenir en gestation. En vérité, le pot de confiture et la boule de cristal ont tous les deux la même vocation, celle de dévoiler le fond des choses et de révéler ainsi la trame de l'histoire en cours.
 
Et c'est précisément ce fond des choses que le philosophe aussi bien que le poète essayent de capter au mieux de leur intuition. En réalité cette mise en scène fait apparaître des aspects insoupçonnés et trop souvent oubliés dans la routine quotidienne qu'impose la société moderne.
 
En effet, ne sommes-nous pas lassés parfois par ces tourbillons d'articles épinglant des évènements aussi périphériques qu'éphémères, sans un seul instant s'interroger sur leur pertinence ni se référer à un fil conducteur plus général. On est dès lors amené à s'interroger sur les rouages de notre société et sur la pratique frénétique des blogs. Une sorte de bavardage pour passer le temps ? Des moineaux qui pépient, mais pour dire quoi ?
 
Et encore, où en est-on de la perspective de profondeur, peut-on encore penser et discuter la complexité alors même que tout semble fait pour uniformiser les contenus et faire tourner les horloges à la même heure.

Dès lors et ans hésiter, nous optons quant à nous pour la pratique à l'ancienne, le travail d''orfèvre sur son établi et les manies de vieil érudit, nous laissons couler le temps comme l'on déguste l'eau d'une délicieuse cascade...
 
 
 
 
 
 

7 mars 2018

Le cas des giboulées de mars

 



Nous nous attarderons aujourd'hui sur ce phénomène qui déclenche en nous des émotions variées et souvent contrastées. Après les longs épisodes passés à traîner de la savate autour du poste amiral, à savoir le fauteuil confortable avec vue panoramique sur la télé et ordinateur plat à portée de la main, nous daignons jeter un œil circonspect sur ce que le nature veut bien nous offrir, passé le rideau protecteur de nos grands cèdres de l'Atlas...

Et pour parler franchement le spectacle qui s'offre à nous n'a rien de réjouissant : quelques rayons de soleil font office de leurre, bien vite démenti par une ondée assez violente pour nettoyer à peu de frais tous les trottoirs de la ville. Des bourrasques de vent s'évertuent à tester l'élasticité des arbres (pour un humain on dirait la souplesse, mais étant donné qu'il s'agit du règne végétal on fait ici référence à la faculté naturelle de plier sans se briser).

Après un court instant de soleil aveuglant et agressif, retour au ciel plombé qui est devenu notre décor habituel tout au long de ces mois d'hiver. Quel que soit notre âge, nous ne serons jamais vraiment habitués à ces changements de saison car si leur date est prévisible, leur forme est toujours une surprise. De même dans les pays tropicaux avec la saison des pluies ou le phénomène de la mousson, ce qu'il y a de bien c'est qu'on ne s'ennuie jamais.

Il y a là une foule de questions philosophiques à brasser pour celui qui possède le don de l'observation, à l'instar de ces vieillards tranquillement accoudés à leur fenêtre et qui regardent le lointain en contemplant le proche...




21 janvier 2018

Zone à défendre




L'acronyme ZAD paraît parfaitement compatible dans de nombreux domaines, y-compris intellectuels. De manière générale on pourrait appliquer cette expression à tout ce que nous souhaitons protéger ou garder par devers nous.

L'épisode exemplaire de la résistance spontanée et tenace à la construction d'un aéroport international à Notre-Dame-des-Landes constitue à cet égard non seulement un prototype en matière d'écologie, mais plus généralement encore sur le plan politique et sociétal. Le gouvernement ne s'y est d'ailleurs pas trompé : derrière les zadistes il y avait très clairement une volonté politique et idéologique, mais également des significations diverses, voire une enfilade de nuances qui faisaient de l'ensemble de la situation un tableau extrêmement complexe et exemplaire.

Le Premier Ministre Philippe semble donc avoir parfaitement intégré toutes ces données lorsqu'il a opté pour la solution du grand Nantes, tout en signifiant aux zadistes d'avoir à quitter les lieux à la fin de la trève hivernale. On ne verra donc pas la construction d'un nouvel aéroport dans ce paisible environnement naturel.

Ainsi peut-on d'ores et déjà saluer la victoire de ceux qui ont défendu avec beaucoup de détermination cette magnifique parcelle de nature réquisitionnée sans consultation à des fins purement commerciales et dont l'utilité était pourtant loin d'être démontrée. En effet, toutes les études comparatives sur le plan international le démontrent, l'aéroport de Nantes est encore loin d'être arrivé à saturation et des extensions de la piste actuelle sont possibles sans même qu'il soit nécessaire de procéder à d'importants travaux. On a donc sagement renoncé à ce projet fantaisiste, au grand désespoir des entrepreneurs qui voyaient déjà miroiter des profits juteux, avec des chantiers à rallonges sur un terrain vierge de tout encombrement.

Il convient donc d'être désormais particulièrement vigilant en ce qui concerne la protection de l'environnement dans une société de consommation souvent urbaine et peu familière avec les sites naturels, qui sont pourtant les poumons de la planète...