29 novembre 2017

A l'écart du tumulte






En réalité, c'est à l'écart du tumulte que la pensée fermente dans une parfaite autonomie...


Il ne sert à rien de la bousculer pour accomplir des démarches auxquelles elle paraît rechigner, trouvant tous les artifices et subterfuges possibles pour ne pas embrayer sur certaines tâches. C'est du moins ce qu'on suppute devant l'apparente inertie qu'elle oppose à notre vouloir.

A moins que ce ne soit encore une excuse pratique pour notre propre paresse que de pouvoir ainsi passer la faute à cette pensée qui se perdrait dans les méandres de ses énigmatiques allées et venues... car dans tous nos mouvements nous sommes précédés et accompagnés, voire étroitement surveillés et guidés par la pensée. Même quand elle semble paresseuse ou inactive, elle n'arrête pas de filer du tissu sémantique comme une araignée silencieuse...

En effet, la pensée est témoin et comptable de nos moindres faits et gestes dont la somme fait le roman d'une vie et certainement plus encore, car il y a dans la pensée un potentiel magique qui n'est pas à renier. Chacun peut en faire l'expérience sans même passer par ces "petits tours" de prestidigitation adorés par les enfants : la pensée déborde partout et dans tout. Suffit-il que l'on pense très fortement à quelque chose et quelque chose arrive, même si n'est pas exactement ce qu'on avait espéré.

Par ailleurs, les philosophies orientales ont inventé des pièges ingénieux pour capter les activités complexes de la pensée à l'instar de ces nombreuses formes de méditation, notamment dans le bouddhisme zen, qui offrent à la pensée des situations inédites. Notons encore que les termes "pensée" et "esprit" ont souvent la même signification.

Ainsi donc même lorsqu'on se croit perdu, ou simplement que l'on dort, la pensée est toujours en veille qui enregistre et recense en permanence des données afin de les préserver pour que le penseur puisse continuer à penser...



7 commentaires:

jazzman a dit…

Vous êtiez à la bourre pour le billet de novembre. C'est vrai que ces mois de seulement 30 jours, ça fait court. Heureusement qu'on n'était pas en février, hein.
Je vous signale que à l'instar par exemple est un pléonasme, je profite de vous le dire avant que le harcèlement grammatical ne devienne un délit.

Barbara Schreyer a dit…

Ah! merci, c'est subtilement pensé. Charmée de vous voir de retour aux affaires !
Ce n'est que le lendemain qu'on peut commencer à ravauder les mailles du filet et me relisant, je constate que j'ai de quoi faire...

Jean-François M a dit…

Ah cette pensée qui va et vient sans qu'on lui ait demandé quoique ce soit. Elle et si difficile à dompter? J'en sais quelque chose. Sinon, ça m'arrive de faire des faute d'inattention. C'est ce qui arrive lorsque je ne me relis pas, avant de publier.

Fredi M. a dit…

Suffit-il que l'on pense très fortement à quelque chose et quelque chose arrive, même si n'est pas exactement ce qu'on avait espéré.

C'est bien là le problème de votre petite démonstration Barbara.

Jean-François M a dit…

Voyez j'en ai encore fait. Il faut lire des fautes avec un "s" et non sans. Mille excuses !

Barbara Schreyer a dit…

Fredi, avez-vous noté que j'ai placé votre site dans la blog-roll de mes favoris ?
Je crois vous avoir déjà remercié pour avoir affiché Seuil critique chez vous et je vous en réitère ici l'expression car j'en suis fort honorée !
Quant à votre mystérieuse conclusion, cela fera du grain à moudre pour mes pensées...

Barbara Schreyer a dit…

Jean-François, je n'avais même pas remarqué la faute.
Il faut dire qu'avec ce ciel plombé de neige la luminosité n'est pas vraiment optimale !