15 décembre 2017

Métaphysique hivernale




En décembre, quoi de plus familier et rassurant que de pouvoir se replier confortablement chez soi, à l'abri du vent glacial et d'en profiter pour s'offrir quelques séances de métaphysique accompagnées d'une boisson chaude et revigorante.
 
Nulle saison n'est en effet plus propice aux activités créatives, du moins parmi les plus cérébrales d'entre elles et surtout celles qui ne sont pas trop dépendantes de la météo. C'est ainsi que dans le calme on peut tout à loisir explorer les mondes métaphysiques...
 
Ceux-ci ne nous sont pas inconnus car dès l'enfance notre pensée se tourne vers les mystères de l'esprit et du monde. Par la suite, nous échafaudons sur la base de références tirées de notre éducation et de nos diverses lectures une certaine vision d'ensemble, nous efforçant de constituer ainsi une sorte d'échantillon-test, tout prêt à servir quand il s'agira de nous confronter avec d'autres versions possibles sur le marché des concepts.

En effet, chacun d'entre nous a sans doute déjà entrepris de se concocter sa propre petite tambouille métaphysique plus ou moins élaborée, mélange de lectures et d'hypothèses personnelles. Parfois c'est la religion qui sert d'entrée en matière ou de prétexte, ouvrant la porte à des réflexions plus spécifiques et peut-être plus complexes. C'est alors que le trésor des bibliothèques s'offre au chercheur curieux, déroulant les pensées des philosophes du grand Platon à McTaggart en passant par Duns Scot, sans oublier les métaphysiciens non européens et notamment indiens.

Ces spécialistes ont parfois de drôles de préoccupations, par exemple concernant l'existence d'extraterrestres. On a plusieurs types de réponses :
  • le possibilisme : les mondes possibles existent.
  • l'actualisme : les mondes possibles sont des alternatives au monde actuel.
  • l'ersatzisme : les possibles sont réductibles à des choses qui existent.
  • le fictionnalisme : les mondes possibles sont de pures fictions.

Mais plus encore, nous constatons que la métaphysique nous accompagne tout au long de la vie, elle est toujours à côté de nous comme une vieille valise que nous ne déposons jamais nulle part. Le seul fait de penser implique nécessairement de s'interroger d'où l'on pense et dans quel but. Notre voix semble résonner sans écho, l'univers est immense et qui sommes-nous après tout ?

Toutes ces questions et bien d'autres encore nous habiteront tant que nous aurons l'instinct de garder un esprit libre et garderons l'habitude de poser un œil curieux sur le monde qui nous entoure et ses relations avec notre esprit...





Bibliographie : Fréderic Nef, "Qu'est-ce que la métaphysique ?", Folio, 2006.

Illustration : Vladimir Kush


 

29 novembre 2017

A l'écart du tumulte






En réalité, c'est à l'écart du tumulte que la pensée fermente dans une parfaite autonomie...


Il ne sert à rien de la bousculer pour accomplir des démarches auxquelles elle paraît rechigner, trouvant tous les artifices et subterfuges possibles pour ne pas embrayer sur certaines tâches. C'est du moins ce qu'on suppute devant l'apparente inertie qu'elle oppose à notre vouloir.

A moins que ce ne soit encore une excuse pratique pour notre propre paresse que de pouvoir ainsi passer la faute à cette pensée qui se perdrait dans les méandres de ses énigmatiques allées et venues... car dans tous nos mouvements nous sommes précédés et accompagnés, voire étroitement surveillés et guidés par la pensée. Même quand elle semble paresseuse ou inactive, elle n'arrête pas de filer du tissu sémantique comme une araignée silencieuse...

En effet, la pensée est témoin et comptable de nos moindres faits et gestes dont la somme fait le roman d'une vie et certainement plus encore, car il y a dans la pensée un potentiel magique qui n'est pas à renier. Chacun peut en faire l'expérience sans même passer par ces "petits tours" de prestidigitation adorés par les enfants : la pensée déborde partout et dans tout. Suffit-il que l'on pense très fortement à quelque chose et quelque chose arrive, même si n'est pas exactement ce qu'on avait espéré.

Par ailleurs, les philosophies orientales ont inventé des pièges ingénieux pour capter les activités complexes de la pensée à l'instar de ces nombreuses formes de méditation, notamment dans le bouddhisme zen, qui offrent à la pensée des situations inédites. Notons encore que les termes "pensée" et "esprit" ont souvent la même signification.

Ainsi donc même lorsqu'on se croit perdu, ou simplement que l'on dort, la pensée est toujours en veille qui enregistre et recense en permanence des données afin de les préserver pour que le penseur puisse continuer à penser...



21 octobre 2017

Alien theory 2

 
 
 

Il est grand temps de nous pencher sur un phénomène récurrent qui s'immisce dans nos sociétés avec toutes les apparences de la normalité la plus banale. Et pourtant...
 
Dès qu'on observe de plus près ces visages empreints de fraîcheur et de charme, on y détecte une forme de bizarrerie qui ne demanderait qu'à être analysée plus en détail. Quelque chose de trop lisse nous interpelle dans ces faciès sans que nous puissions au premier abord en définir la nature.
 
Puis à force des les voir et revoir sur tous les journaux d'information, nous oublions de nous questionner plus avant quant à cette puissante impression d'étrangeté qui leur reste attachée en permanence comme une musique d'arrière-plan.
 
Prenons pour exemple le nouveau Président de la France, Emmanuel Macron, qui présente en effet un style très personnel de même qu'un rythme de travail assez particulier pour ne pas dire exceptionnel, lesquels occultent à eux seuls toute question annexe  concernant par exemple sa provenance réelle.
 
 

Il en va à de même pour le nouveau Chancelier autrichien Sebastian Kurz dont l'aura d'étrangeté apparaît avec encore plus d'insistance lorsqu'on s'arrête sur son âge : né en 1986 ce jeune prodige n'a en effet que 31 ans !
 
Dans les deux cas il aura suffi d'une brève incursion dans le monde politique le temps d'y collecter quelques précieuses informations sur les usages en vigueur, suivie d'une élection promptement gagnée pour mettre en marche le fameux processus officiel d'immersion au cœur même du pouvoir central, suivi par l'initiation aux codes secrets pour ces deux personnalités parfaitement inconnues quelques mois auparavant.
 
Des exemples similaires sont trop nombreux pour être cités ici, et si vous observez désormais les personnes que vous êtes amenés à côtoyer avec un peu plus d'attention, vous serez peut-être étonnés du nombre de candidats auxquels vous trouverez un air bizarrement juvénile...
 
Et pour nous qui sommes les spectateurs médusés des aventures de ces étranges personnages, il appert désormais impératif de nous interroger sur leur véritable origine.

D'où viennent-ils et qui sont-ils en réalité ?
 
 
 
 
 
 
 

7 septembre 2017

Désordres de septembre



 
En septembre, la mission prioritaire est de reprendre ses esprits après les langueurs de l'été. Et d'emblée on sent que c'est une entreprise périlleuse, voire impossible...
 
Il y a en effet tant de nouvelles données à intégrer que le tête nous tourne déjà. En premier lieu le climat lui-même qui devient à l'automne un facteur de risque imprévisible : à cette saison il convient en effet de se vêtir à bon escient si l'on veut éviter, sinon l'embarras d'un rhume précoce, du moins l'inconfort d'un vêtement peu approprié à une météo fluctuante.
 
Exploration donc des fonds de placard, à la redécouverte de pulls et de petites laines qu'on pensait déjà avoir oubliés. Pour s'apercevoir avec désillusion que rien ne convient vraiment à cette période aux contours instables...
 
Mais tout ceci n'est que broutilles quand on songe aux dossiers lourds qui restent en suspens, des affaires urgentes qu'on avait soigneusement mis de côté, espérant peut-être que le calme plat de l'été allait finalement déteindre sur elles. Ce genre d'habitudes se prend facilement vers le début du mois de juillet, quand on voit les caravanes de touristes partir vers le sud.

Toutefois ce n'est pas seulement à la couleur des arbres que l'on devine le retour de l'automne mais aussi à tous ces petits réglages, ces changements qu'il conviendra d'opérer dans nos vies alors même que nous sommes déjà surmenés avant même d'être entrés dans le vif du sujet.

Sans compter les pseudo nouveautés qui s'efforceront d'attiser notre intérêt et les diverses gesticulations administratives qu'il nous faudra entreprendre tôt ou tard pour réintégrer le statut de citoyen conscient de ses devoirs.

Encore quelques semaines pour osciller entre la lumière et le brouillard, l'été et l'hiver : sachons reconnaître que sur le plan philosophique c'est une opportunité fantastique que n'ont pas ceux qui vivent en zone tropicale, où il n'existe que deux saisons : l'hiver et l'été.

Consolons-nous donc et soyons heureux de vivre l'éternel désordre des changements de saison...
 
 
 

5 août 2017

Le mois métaphysique





Dans la plupart des pays tempérés de l'hémisphère nord, le mois d'août est traditionnellement dévolu aux grandes vacances scolaires de l'été. Etant considéré comme le mois le plus chaud et ensoleillé de l'année, il devient dès lors volontiers synonyme de plage et de farniente.
 
Mais il est aussi la porte de l'évasion sur le no man's land du vide, le plus grand des maîtres à penser, celui que les moines zen courtisent...
 
Une fois la porte du mois d'août franchie vous êtes donc livré à vous-même, que vous ayez jugé bon de courir les aéroports ou que vous préfériez bronzer sur des plages encombrées, vous serez toujours face à vous-même et à vos propres choix.
 
L'été impose l'essentiel et rejette le superficiel, le corps lui-même aime à se dévêtir pour ne garder que le nécessaire. Le superflu fait ici fausse route, ce qui explique sans doute cette course panique du touriste de carte postale, toujours à l'affût d'un programme quelconque qu'il pourrait exécuter pour pallier son inaptitude à combler son vide intérieur.
 
L'homme occidental, déjà largement pourvu de distractions variées grâce aux nombreuses technologies du loisir allant de la télévision à l'ordinateur en passant par la guitare électrique, a depuis longtemps oublié comment s'occuper tout seul et en silence sans sombrer dans un ennui profond.
 
Pourtant le mois d'août est bien le mois idéal pour l'apprentissage mental fondamental : être assis, se mouvoir et sans instructions préalables, apprendre à penser dans le vide. Le grand maître japonais Dogen écrivait : "C'est parce qu'on est éveillé que l'on voit que l'esprit est un et tout à la fois".
 
Car c'est bien ici que s'applique la formidable exclamation cartésienne : "Je pense, donc je suis" !
 
C'est aussi le moment de se déconnecter de toute une série d'idées préconçues et de préjugés. Dans beaucoup de domaines, rien ne vaut l'expérience personnelle et nul ne peut nous imposer son opinion ou ses valeurs. Comme on se jette à l'eau pour apprendre à nager, il faut braver le vide pour apprendre à penser.


 
Illustration :

Vladimir Kusk
 
 
 

20 juillet 2017

Un été à la Lanterne





 
La Lanterne est un cas d'école fort intéressant dans une République qui se veut volontiers démocratique et transparente. Ici plane pourtant le secret absolu, ce qui semble devoir impliquer qu'il y aurait des choses à cacher au grand public.
 
On a en effet ici un petit joyau de propriété de l'Etat, tenu jalousement à l'écart des regards indiscrets du public. Aucune photo de l'intérieur n'est disponible sur le web, mais on peut continuer à chercher...

Le nom de la bâtisse lui aurait été attribué en raison de la trentaine de grandes portes-fenêtres qui rendent cet endroit extrêmement lumineux. Il devient officiellement le lieu de villégiature des premiers ministres en 1959 sous le Général de Gaule qui veut alors revaloriser la fonction de Matignon.
 
Seul un petit cercle d'initiés et de happy few a eu le privilège d'accéder à ce jardin des délices où se relaxent volontiers les plus hauts notables de l'état. En fins connaisseurs de belles choses, le président Sarkozy et son épouse Carla Bruni y ont cherché refuge juste après leur mariage.
 
Bien entendu, certains jeunes épicuriens de bonne famille n'ont pas manqué de profiter de la belle occasion pour privatiser ce bijou à l'occasion de leurs petites sauteries :
 
"La Lanterne, lieu de résidence des chefs d’État à Versailles, Thomas Hollande invitait ses amis à siroter un verre autour de la piscine.
La jeunesse dorée ! Thomas Hollande, fils de François Hollande, semble en connaître un rayon. L’avocat de 32 ans est un sacré petit fêtard, et ce n’est pas le personnel de la Lanterne qui dira le contraire... Ce lieu, pavillon de chasse situé à Versailles et construit en 1787, est devenu une résidence d’État mise à la disposition du Premier ministre par le Général de Gaulle, puis du président de la République en 2007. Cette demeure de quatre hectares comprend, entre autres, un grand jardin avec piscine, court de tennis, ainsi que deux ailes dans lesquelles est hébergé le personnel – selon des informations de Paris Match.
E & R"

Et ce serait donc dans ce discret petit paradis que le président Macron et son épouse auraient décidé de passer leurs deux semaines de vacances au mois d'août et ceci bien entendu, soyons donc mesquins, aux frais de la princesse.

Tout dans ce lieu respire la discrétion et par conséquent, la dissimulation. D'ici rien ne filtre et cette propriété aurait par exemple pu convenir comme point de chute et abri idéal pour Julian Assange, si l'hypothèse n'en était pas aussi extravagante.

Dans le même ordre d'idées mais en moins chic et moins discret, on se souviendra de la brève expérience que tenta Sarkozy au Fort de Brégançon, les virées à la plage avec Carla et les séances de vélo très populaires pour les touristes.

Ici, on est au moins sûr qu'on ne verra rien du tout, à moins qu'il n'y ait opportunément quelques fuites opportunément répandues avec quelques journalistes campant non loin des murs du sanctuaire...

 



 

 

5 juillet 2017

C'est la saison....



C'est au début de l'été, peu avant les moissons, qu'on voit apparaître dans certains champs anglais de curieux agroglyphes qui ont déjà soulevé beaucoup d'hypothèses ces dernières années.
 
 
De nombreuses études plus ou moins fantaisistes ont été publiées depuis le commencement de ce phénomène, il y a une quinzaine d'années. Certaines se penchent particulièrement sur le décryptage de la symbolique du dessin, laquelle est parfois extrêmement complexe et sourcée. Mais il y a aussi la question centrale de la méthode de construction de l'œuvre qui est assez incroyable, puisqu'à priori on ne comprend pas comment elle a pu être dessinée du fait qu'on ne voit aucune trace de pas dans le champ !
 
 
On se doute bien que les paysans ne sont guère heureux de voir apparaître une telle oeuvre d'art sur leur propriété en pleine saison des moissons. D'autant plus qu'au début de ce phénomène il y a quelques années déjà, une foule de curieux, de photographes et de paparazzi venaient gaillardement piétiner leurs champs sans aucun scrupule.
Ici, on a l'œuvre nue et préservée, la moisson ayant été réalisée sans toucher au dessin. Les agriculteurs anglais ont maintenant bien compris l'avantage culturel et touristique que pouvait leur valoir ces éphémères crop-circles.
 

Il faut souligner qu'en dehors de l'aspect purement esthétique, les vrais afficionados recherchent avant tout des symboles. Ici par exemple, on voit un des specimen les plus significatifs de ce cru.
Toutes les explications et théories sont à dénicher sur le site de référence qui répertorie tous les cas sérieux apparaissant en Grande-Bretagne et parfois, plus rarement, d'autres pays. Et ces derniers n'ont généralement ni la puissance symbolique ni même la grâce artistique des vrais !


 
Il s'agit ici non seulement d'admirer le tracé mais surtout de tenter d'en déchiffrer le contenu, sachant qu'un bon crop circle se doit d'être bourré de symboles...

Toutes ces œuvres peuvent être étudiées sur Crop Circle Connector, le site de référence. (ne pas s'arrêter sur le "not found" et descendre plus bas sur la page pour voir les dernières créations).



Nota :  sur le même sujet on peut consulter un article plus ancien ici :

http://seuilcritique.blogspot.ch/2015/08/alien-theorie_6.html 

 
 
 

21 juin 2017

Canicules



Cèdre de l'Atlas



Quand l'air devient du plomb qui coule sur les épaules et sur les bras par vagues aléatoires comme des caresses volcaniques, comme la pression d'une preuve...
 
Cette séquence météorologique jamais encore enregistrée sous nos latitudes et qui est sans doute appelée à se répéter, nous laisse entrevoir un des aspects de ce que pourrait être la note climatique de l'Europe de demain : brûlante, torride et bigarrée.
 
Il nous faut alors sans perdre de temps laisser tomber les affaires courantes aux heures les plus chaudes pour observer les réactions de notre corps et si nécessaire y remédier. Ne jamais oublier le meilleur des remèdes qui est de joindre l'utile à l'agréable... pour les uns ce sera de sécher les cours quand d'autres s'offriront le rituel sacré des Espagnols et des grand-mères, à savoir une bonne petite sieste.

Sans oublier les glaces, remède éphémère mais divine consolation en cette saison abrupte.
 
Y a-t-il un effet philosophique de la canicule ? Pour le moment je n'en vois pas, mais l'un ou l'autre de mes distingués lecteurs pourra sans doute me mettre sur la piste de quelque idée originale. C'est d'ailleurs pour cela que le titre est ici au pluriel : les canicules sont multiples et sans doute ressenties de diverses manières.
 
Toutefois, je me risque à lancer un débat plus général à ce sujet : peut-on s'appuyer sur le cas de la canicule pour observer notre relation corps-esprit ?
 
Ajoutons que selon les prévisions météo nous avons encore de longues journées devant nous pour étudier ce phénomène oppressant, voire pour nous y adapter ...
 
 
 
 
 
 

14 juin 2017

Déchiffrer les pliures de l'éventail


   
 
  


La vérité réside dans les détails dit le proverbe et ce n'est pas pour rien que les bavards ont toujours là matière à produire du verbe...

L'esprit de synthèse et l'habitude de la lecture rapide nous conduisent en général à survoler les textes sans trop nous y arrêter, en nous promettant parfois d'y revenir mais sans jamais en avoir le temps. Et pourtant c'est généralement dans le creux de la vague que l'on trouve des réponses à des questions non formulées ou de précieuses informations que l'on cherchait sans en être vraiment conscient.
 
Toutefois si dans la vie courante il est facile de noter certains détails au passage, comme en coup de vent, il sera plus délicat de s'arrêter un moment pour réfléchir sur l'éventuelle récolte d'informations intéressantes. Car il serait dommage de laisser passer un filon rare par distraction ou nonchalance et plus souvent encore pour satisfaire à une précipitation parfaitement inutile.
 
Or, nous l'avons tous expérimenté un jour ou l'autre, c'est bien en prenant le temps de nous attarder sur un détail ou de suivre au flair un lien de référence que l'on tombe parfois sur des trésors cachés.

Les rides, les creux, les aspérités recèlent parfois des univers dissimulés, des cosmogonies à découvrir mais dont notre insatiable fuite en avant risque de nous empêcher de prendre conscience. Et bien sachons-le, le bonheur est parfois dans les failles.
 
A cet égard, le symbole de l'éventail est très éloquent : ouvert, semi-ouvert, fermé. Dans cette représentation élégante de la réalité il y a le creux et la crête, le dissimulé et l'apparent. C'est là le terrain de jeu de la conscience et c'est en jouant de l'un que l'on découvre l'autre et vice-versa.

Et encore devrait-on questionner la possibilité que ce soit la conscience elle-même qui génère ces pliures dans l'éventail, comme un ordinateur qui composerait des algorithmes à seule fin de les résoudre...






28 mai 2017

Le paradigme du Buddha bowl

 


L'intéressante expression de Buddha bowl et parfois encore de Buddha bowl végétarien est actuellement très en vogue dans les milieux branchés, bien qu'il ne s'agisse en réalité que d'un repas à la bonne franquette dont tous les différents ingrédients auront été disposés avec plus ou moins de goût artistique dans un plat unique.
 
De fait le nom de ce récipient provient du rituel de collecte de nourriture que pratiquent les moines bouddhistes du Sri Lanka et de l'Asie du Sud-Est en signe d'humilité. Cette forme de quête est une cérémonie quotidienne qui permet aux villageois d'exprimer leur piété et leur attachement aux valeurs spirituelles. Sans doute pensent-ils aussi s'attribuer ainsi quelques mérites pour la vie future, on n'est jamais trop prudent. Quant aux moines ils disposent ensuite de ces victuailles selon leurs propres besoins une fois de retour dans leur monastère.
 
 
Toutefois l'avatar moderne de ce concept a désormais un côté beaucoup plus prosaïque et festif, dont raffole tout autant le trentenaire branché que le retraité paresseux. En effet, des Etats-Unis à la vieille Europe, cette présentation on ne peut plus basique devient ainsi en quelques mois une tendance furieusement à la mode et, faut-il le reconnaître, bien pratique pour une banale soirée télé !

De fait, il consiste tout simplement à préparer une grande assiette dans laquelle on disposera avec harmonie tous les aliments que l'on préfère et qui nous permettront en outre de bénéficier des indispensables vitamines et oligo-éléments dont nous avons besoin pour nous maintenir en bonne forme et dans un état de santé parfaitement optimal.

Notons encore que pour une parfaite orthodoxie, il conviendrait en principe que la composition de ce plat reste strictement végétarienne. Toutefois, et puisque dans l'idéal on peut aussi y mettre tout ce qu'on aime et qui nous fait mentalement du bien, on pourra éventuellement y ajouter une sélection de nos fromages préférés et pourquoi pas un œuf de temps à autre.
 
Ne pas oublier pour autant la sophistication de quelques épices et sauces, dont l'indispensable ajvar (purée de poivrons), le kimchi (légumes fermentés, excellent pour la digestion), etc... que l'on déposera dans un coin de l'assiette, ou sur une coupelle attenante.


D'ores et déjà votre mental devrait bénéficier d'un tel traitement, ne dit-on pas qu'Einstein était végétarien ?
 
  


 
 

25 mai 2017

L'art périlleux du blog






Si l'art de tenir un blog présente un potentiel ludique évident, il n'est pourtant pas non plus dépourvu de quelques pièges dont nous pourrions à l'envi détailler certains aspects afin de décourager de trop nombreuses vocations...
 
En effet, il ne suffit pas de trouver un titre et une éventuelle ligne éditoriale, encore faudrait-il pouvoir se tenir à une certaine chronicité. Trop d'espace entre les publications risquerait de donner au lecteur l'impression d'un certain manque d'enthousiasme de l'auteur - pour ne pas parler de laxisme ou de manque d'intérêt.

D'un autre côté, les auteurs qui n'hésitent pas à publier un éditorial quasi quotidiennement sont un peu les forçats du web. Ont-ils encore une vie réelle ? Lisent-ils d'autres blogs ? Leur exercice ne tient-il pas plus de la routine que de la créativité ou de l'information ?
 
Mais aussitôt des exemples nous viennent à l'esprit qui démontrent que qualité peut aussi rimer avec fréquence, à l'instar de l'excellent site de Fredi M. Demain à l'aurore. Ce blog tout en délicatesse et en sensibilité nous invite à découvrir de nombreux thèmes de société, artistiques, voire politiques...

Sur Seuil critique nous faisons délibérément le choix d'une publication d'article à l'improviste et c'est avec reconnaissance que nous remercions nos nombreux lecteurs de nous suivre dans cette voie. Selon nous, c'est la méthode qui consiste à descendre au bout du jardin pour voir si le facteur est passé qui procure le plus d'émotions, même si en ce qui concerne le confort mieux vaudrait opter pour la routine !

Mais vous l'aurez déjà compris, plus que par le rythme de publication nous sommes concernés ici par les thèmes qui nous interpellent et que nous nous efforçons de traiter avec honnêteté tout en revendiquant notre point de vue original. Et c'est avec grand plaisir que nous restons ouverts aux suggestions et commentaires de nos aimables lecteurs...
 
 
 
 

 

28 avril 2017

Elections françaises : un enseignement du Yin et du Yang

 




Devant le grand flou qui s'ouvre maintenant pour l'électeur, on serait en effet presque tenté de lui conseiller de consulter le Yi King, le grand Livre des Mutations de la Chine antique...
 
Nous avons donc le jeune candidat masculin Emmanuel Macron, pur produit d'un puissant groupe d'intérêt, qui se signale par son art de parler beaucoup pour ne rien dire et de cacher son jeu sous une apparence angélique. Le Yin, principe féminin.
 
En face, il y a Marine Le Pen en femme forte, et même virile diront certains. La voix est vigoureuse, l'énergie puissante et le verbe haut. Le Yang, principe masculin.
 
Pour ce qui est des programmes, les grandes questions telles que l'Europe ou le choix d'une direction libérale ou socialiste sont soigneusement tenues à l'écart dans les deux offres. Seuls les spécialistes sont en mesure de faire des projections à partir des discours de campagne. Toutes ces incertitudes et ce flou contribuent à donner un contour vaguement surréaliste à cette élection. D'autant qu'à y regarder de plus près on voit aussitôt les mutations se mettre à opérer.
 
Macron le charmeur devient alors le joueur de flûte qui entraîne le troupeau à sa perte quand Le Pen se fait au contraire maternelle, les contraires s'inversent et se font face dans un étrange ballet.
 
Dans un autre tirage, on voit Le Pen entraînant la nation vers un passé chimérique qui n'existe pas quand Macron devient le chevalier blanc qui sauve la France du marasme économique en la jouant au grand casino capitaliste.
 
Au secours ! aurait-on envie de s'écrier, mais personne ne vous entend...
 
Vous n'avez sous la main que ces deux personnages improbables sortis des urnes comme des guignols de leur boîte. C'est en définitive sur votre seule intuition que repose le destin de la France pour les cinq prochaines années et l'offre étant ce qu'elle est, il va s'agir de jouer serré.
 
Et si tout ceci n'était en définitive qu'un jeu ?


29 avril :

Le jeu des forces contraires continue de se rééquilibrer en un lent ballet tournoyant vers la victoire : Marine Le Pen annonce le ralliement de Nicolas Dupond-Aignan et déclare qu'il sera nommé Premier Ministre en cas d'élection.
Un nouveau cas de figure dans le grand tournoi des forces complémentaires...
 
 
 
On a ici en effet la parfaite illustration de la création d'un puissant nœud dynamique, grâce à la réunion spontanée d'un Yin fortement teinté de Yang et d'un Yang empreint d'une touche Yin. Le vaisseau de la victoire ?
 
 
1er mai :
 
Le mouvement se concentre dans une forte spirale s'élevant en Yang dans un puissant discours de Dupond-Aignan qui vise entre autre "les traîtres LR et les fascistes gauchistes, les traîtres qui après avoir combattu Emmanuel Macron se sont couchés devant lui".
 
 
 
 
3 mai :
 
Et le dernier débat des candidats finissant en feu d'artifices chinois nous montre l'extravagance du Yang chez Marine Le Pen, ce qui la dessert nettement face au Yin mesuré de son adversaire Macron...
 


On verra donc dimanche soir si cet excès de Yang a été un bon calcul pour Le Pen. Certains commentateurs y voient déjà un subterfuge pour masquer le fait que la candidate n'entendait pas vraiment gouverner durant cette législature.

Les paris sont ouverts...


7 mai :


Et le gagnant des urnes est :


Emmanuel Macron, avec un Yang
bien équilibré par un Yin empreint
de finesse et de charme.

Longue vie au Président Macron !
 




 

24 avril 2017

Le vol de la Valkyrie






La France a pour quelques jours encore l'occasion de saisir l'opportunité exceptionnelle d'avoir une femme énergique et autoritaire à sa tête pour se sortir d'un marasme qui a déjà trop duré...
 
Les pseudo élites font mine de l'ignorer quand ils ne se permettent pas de la mépriser ouvertement, bien qu'en réalité ses partisans se recrutent dans tous les milieux sociaux. Arrivée seconde au premier tour de l'élection présidentielle, presque à égalité avec le candidat de la mondialisation et de l'européisme, elle détient en ce moment une occasion unique de montrer qu'elle existe et qu'elle ne fait pas que planer dans un rêve populiste.
 
Bien au contraire, le peuple commence à comprendre qu'il s'est fait flouer depuis trop longtemps tant par les libéraux que par les socialistes classiques, récupérés par un nouveau courant "zone euro" qui entend disposer de la France comme d'un champ d'expérience malléable et transformable à souhait.
 
Seule la blonde bretonne Le Pen en véritable valkyrie guerrière, a décidé de contrer l'alliance qui s'apprête à vendre la France au plus offrant et à externaliser sa direction. Il lui appartient dès lors de démontrer que son adversaire est bien ce loup déguisé, cette fausse gueule d'ange, ce beau parleur...
 
Déjà hier soir, grisé par les résultats du premier tour, il n'a pas hésité  à lever le déguisement pour aller festoyer dans un club à la mode sous les feux des caméras. Imprudente excursion, impudente exhibition révélant bien plus du personnage qu'il est en réalité que ne le font ses paroles toujours lisses et fluides.
 
Le Pen par contre n'a rien à dissimuler. Elle s'exprime dans un langage limpide et franc, s'offrant le luxe d'être parfaitement cash et le public lui en sait gré. Sans céder aux pressions, elle promet donc la grande alternance qui permettra enfin au peuple de choisir son destin.
 
La meilleure preuve en est qu'à cette heure-ci précisément, lundi 24 avril 2017 à 16h.05, le toujours président François Hollande a jugé utile de venir à la télévision pour prévenir le peuple des "dangers de l'extrême-droite" et pour faire part de son choix personnel du candidat Macron !
 
Publicité inespérée...





 

13 avril 2017

Tirage fatal



 


L'heure du grand tournoi approche, les espérances se donnent libre cours et les langues se délient...

C'est maintenant que la République est en suspension, tout pourrait arriver en vérité. Le sentez-vous comme je le sens ? La France épuisée par cinq années ingrates et médiocres voudrait du meilleur, mais elle n'a que le choix de ses candidats qui sont onze au départ et qui ne seront plus que deux au deuxième tour.

Hollande s'apprête donc à quitter la scène par les coulisses, pour éviter les huées de la foule. Ni larmes ni applaudissements pour cet égoïste narcissique et pervers, qui n'a pas su se faire aimer ni respecter par son peuple. Ses nominations et manipulations diverses servaient en vérité une politique de la déconstruction systématique de l'idéal français classique et de sa grandeur. Comme si Hollande se devait de rabaisser la France pour la ramener à son niveau.
 
Les pires sévices auront ainsi été infligés à l'école en laissant des expériences pédagogiques fantaisistes, initiées par de jeunes universitaires issus de la diversité et avides de reconnaissance, être conduites en "plein champ". Toute la grandeur ancienne de l'école française partie aux oubliettes pour complaire à une nouvelle élite mondialisée.
 
Il s'agit donc pour ceux qui iront voter afin de choisir une nouvelle présidence de tourner définitivement la page d'un quinquennat aussi déprimant que désastreux. Encore faudrait-il que le tableau des candidats soit pertinent tant au niveau qualitatif que programmatique. Pour ce qu'on a vu jusqu'ici, les candidats plébiscités par les sondages sont tous atypiques et relativement peu connus en dehors de Fillon. Il y a même un petit effet "alien" avec Mélenchon ou Marine Le Pen  qui pourrait provoquer des frissons d'aventure dans l'électorat des moins de trente ans...





25 mars 2017

Sit zazen and read Dogen



Pris dans le ressac étourdissant des élections quinquennales, on en oublierait presque de traiter ses propres affaires courantes. Accaparés par les media qui réclament tous leur temps d'audience, les débats interminables prolongés à dessein par les divers experts et politologues autoproclamés, nous n'avons quasiment plus le temps de préparer un vrai repas. Que nous nous contentions d'un modeste sandwich avec les restes du frigo ou que nous nous fassions royalement livrer une pizza, notre attention est toute entière tournée vers les derniers potins en provenance des candidats.
 
A mi-parcours le prochain débat n'étant programmé qu'au 4 avril, nous serons donc mis au régime sec de gré ou de force. Il y a là largement de quoi reprendre un rythme de croisière plus souple et plus utile à notre mental. C'est donc le moment de réinvestir son cerveau en commençant par le rafraîchir de toutes ces scories inutiles. Et pour ce faire, rien de plus efficient qu'une séance de méditation qui devrait nous apporter paix et sérénité en toute circonstance.
 
En effet, s'asseoir en tailleur dans la position dite zazen, autrement dit de méditation assise, procure au bout de quelques minutes déjà une certaine relaxation et un indiscutable sentiment de bien-être. Toutefois, lorsque l'on prolonge cette posture l'inconfort peut devenir pénible, mais néanmoins supportable et ses bienfaits se prolongeront encore longtemps après une séance.

Notons encore que zazen signifie "zen assis" en japonais et décrivons en quelques mots cette célèbre posture : mettre les fesses sur les bords d'un coussin rebondi et si possible rond, ouvrir les jambes en tailleur, la cheville gauche reposant sur la cuisse droite. Les deux mains sont rassemblées sous le nombril, la main gauche reposant dans la paume droite, les deux pouces se faisant face en se touchant légèrement. Respirer calmement et se décontracter en laissant passer les pensées. Essayer de ne pas se focaliser sur un sujet.
 
Bon zazen !


16 mars 2017

La traversée du désert





 
Nous allons vérifier que le chemin vers l'Elysée est en réalité une sorte de parcours initiatique qui doit nécessairement passer par des phases d'intensité et de nature diverses.
 
Et comme dans les contes de fées, il est fort à parier que le héros de l'histoire ne sera pas celui à qui tout semblait réussir pendant la campagne et dont les media avaient fait leur petit protégé avec un sens de l'à-propos un peu trop voyant... Car après l'excitation des primaires et les inévitables bains de foule pour séduire un large public, voici venir le temps de l'austérité médiatique jusqu'au 23 avril, date du premier tour de l'élection présidentielle.
 
Les candidats se sont maintenant repliés sur leur cabinet restreint et ne font plus de discours qu'en des lieux définis comme hautement stratégiques. Ils semblent perdus pour les media puisque les écrans de télévision ne renvoient plus leur image en continu. Et il convient d'admettre en toute honnêteté que ce phénomène laisse un certain sentiment de vide. Quelque chose comme le blues du désert.
 
Evidemment le chouchou de certains lobbies bien placés, à savoir le petit Macron, arrive pourtant à passer entre les gouttes et on voit toujours ici ou là son aimable minois. Hier encore sur la chaîne TV d'un de ses richissimes protecteurs, on le voyait en 2016 sur les marches de l'Elysée avec une petite barbe de trois jours très étudiée.
 
En bruit de fond on entend aussi la Valkyrie Le Pen et son loup qui se préparent à la guerre en affûtant les glaives...
 
Mais Fillon le Preux continue imperturbablement sa marche en solitaire, cerné de toutes part par des meutes de journalistes tournicotant nerveusement dans ses parages comme des coyotes à l'affût. Seul Mélenchon qui se rit ouvertement du système a eu l'audace de monter sa propre chaîne de télé ce qui est, il faut bien le reconnaître, non seulement une idée de génie mais aussi le comble de l'insolence !
 
Suivons donc encore un peu par la pensée ces impétrants qui piétinent sous un soleil de plomb pour atteindre leur oasis élyséenne...
 
 
 
 
 
Illustration :
 
Vladimir Kush
 
 





7 mars 2017

Remue-ménage à l'Elysée - épisode 1 -



 
 
Nous voici donc conviés à la traditionnelle exploration quinquennale de la machinerie électorale, avec possible révélation de quelques uns de ses puissants rouages...
 
Et d'entrée de jeu l'affaire se corse chez les Républicains avant même l'arrêt définitif du choix des candidatures. Tout se met en place pour une saison très haute en couleurs avec coups bas en provenance du domaine de la presse et autres coups tordus de la part des petits camarades de parti.
 
Ici c'est donc François Fillon qui, sortant vainqueur des urnes primaires, sera chargé de représenter la droite et le centre à l'élection présidentielle. Toutefois, c'était sans compter quelques ombres au tableau, des affaires judiciaires ayant été très opportunément semées sur sa route par le Canard Enchaîné en ouvrant le dossier des emplois d'assistants parlementaires présumés fictifs de l'épouse et des enfants Fillon.

Dès lors, quand le marquis de Villepin monte au micro pour dénoncer le candidat-président François Fillon et l'accuser de faire le jeu du Front National, le ton est donné... on veut tripatouiller les cartes. Et quand les membres du parti qui lui ont pourtant donné leur voix lors de la primaire commencent à déserter plus vite que la marée qui se retire et d'autres encore qui lui tournent le dos à l'instar de rats fuyant un navire qui prend l'eau, on sent bien que le candidat a désormais du petit plomb dans l'aile. Malgré tout il résiste, presque seul contre tous, insensible aux critiques des uns et aux quolibets des autres. Mais il vrai que l'impétrant vient d'un autre temps et d'un autre monde, petit châtelain de province austère et catholique pratiquant.

Pour autant, il a deux qualités premières : la volonté et la maîtrise de la parole. Il possède en effet tout l'attirail du grand orateur, sourcils broussailleux qui soulignent la respectabilité du personnage, voix chaude et bien posée, diction enveloppante voire hypnotique...

Dimanche 5 mars, il prononce le discours du Trocadéro alors même qu'il est de plus en plus isolé et que ses soutiens le lâchent. La pluie est de la partie mais plus de cent mille personnes sont là pour l'applaudir. Fillon se sent toujours légitime et c'est désormais avec un staff réduit à la portion congrue qu'il doit continuer à se battre. Ses discours sont désormais plus ramassés mais toujours aussi porteurs.

Dans l'après-midi du lundi 6 mars François Fillon se rend chez l'ancien président Nicolas Sarkozy, comme on va chez sa voyante pour se faire tirer le tarot...

Et nous sommes désormais en mesure de révéler qu'il s'est vu adjoindre par l'Ex deux anges gardiens parmi les meilleurs officiers, de ceux dont le nom est appelé à s'inscrire dans les livres d'histoire, à savoir François Baroin et Laurent Wauquiez.

... à suivre




Illustration :

Vladimir Kush
 

20 février 2017

Compartiments



 
 
 
En ce début de vingt-et-unième siècle la multiplication des vecteurs de communication est telle que les discours et les pensées ont tendance à se stratifier, à s'agglutiner autour d'un noyau central qui doit rester bien visible pour ne pas disparaître à l'horizon, tout simplement.
 
Dès lors on constate jour après jour que le formidable déluge d'informations dont nous disposons actuellement requiert non seulement une certaine rationalité dans le triage et l'archivage, mais aussi et surtout beaucoup de flair dans le dédale des références. Le beau métier de documentaliste peut désormais se comparer à celui de détective, tellement il faut d'intuition pour ne pas rester dans le gros du troupeau manipulé sans égards par le bon berger Google. Ah! mais l'intuition ne suffit pas, il faut aussi de la culture mais bref, c'est une autre histoire.
 
Toujours est-il que pour l'utiliser ou la classer on a besoin de compartimenter l'information mais avec souplesse et doigté, de sorte qu'elle soit toujours prête à ressurgir en cas de besoin. Certains artisans de la culture prennent le mot compartiment à la lettre et n'aiment pas trop l'idée qu'on pourrait s'y mouvoir comme dans un océan conceptuel, toujours en mouvement.
 
Et c'est pile à ce moment que nous avons besoin de visualiser un mouvement, un déplacement subtil qui crée un compartiment passager, comme dans une maison japonaise lorsqu'on déplace une cloison de papier sans bruit, juste un petit courant d'air tiède qui passe dans le dos...
 
Et là, Monsieur Goux vous saurez vous aussi lâcher prise.